Ecologie, budget, végétalisme : faut-il vraiment choisir ?

Je me pose cette question chaque fois que je fais mes courses. Devant chaque produit je me demande, le même dilemme. S’il est végane, il n’est pas forcément écolo. Et s’il est écolo, ce n’est pas forcément bio. Et le prix dans tout ça ? Essayons d’y voir plus clair.

Prenons n’importe quel produit alimentaire. Pour répondre à tous mes critères, il doit être sans emballage ou avec un emballage recyclable, il ne doit contenir aucun produit d’origine animale et être bio… Tout ça dans un budget raisonnable ! C’est pour cela que faire mes courses est parfois très compliqué.

 

Faut-il choisir entre écologie et végétalisme ?

Voici maintenant un exemple plus concret : le tofu. Avec ce produit, je gagne 1 point véganisme et 1 point santé (il est bio) mais je perds 1 point zéro déchet car son emballage ne se recycle pas. Si j’avais pris une escalope chez le boucher, j’aurais gagné 1 point écologie mais j’aurais perdu 1 point véganisme…

Bien évidemment, ce n’est pas aussi simple. Le but du jeu n’est pas de marquer des points. Cependant, cet exemple m’aide à vous faire comprendre ceci : on ne peut pas gagner à tous les coups. Je vois parfois des personnes qui exhibent fièrement leur bocal de déchet annuel. C’est vraiment admirable ! Mais peut-être que ces personnes-là consomment des produits animaux, de la viande ou du fromage en vrac par exemple. Ils ont donc moins de déchet que moi. Dans ma poubelle, il y a beaucoup d’emballage de tofu. Je peux vous dire qu’il me faudrait beaucoup de bocaux pour tous les mettre. Cependant, mon choix de manger végétalien a un impact indirect sur la santé de la planète.

 

Comment concilier ses valeurs et son budget ? 

Et le budget dans tout ça ? J’ai fais l’expérience récemment. Fabriquer mon propre lait d’amande est certes zéro déchet… mais ce n’est pas économique pour moi ! Et comme il ne se conserve que 3 jours au frigo, j’ai eu du mal à le finir. Je suis pour le fait-maison mais parfois ce n’est pas rentable. C’est comme pour les pâtes à tartiner ou le beurre de cacahuètes. Oui c’est meilleur maison, mais au prix de la cacahuète ou de la noisette bio, c’est un calcul à faire.

Généralement, le vrac est moins cher que l’emballé car le prix au kilo est plus bas. C’est le cas des pâtes ou du riz. Cependant, ce n’est pas toujours le cas ! Sans compter que chaque fois que j’utilise mes sacs en tissus, je me fais enfler de 15 grammes à chaque pesée puisque je ne peux pas faire la tare. Mine de rien, sur les noix de cajou à 19€ le kilo, ça fait une différence.

 

Faut-il faire un choix ?

Chacun fait sa part, c’est ce que dit la légende du colibri. Chacun fait à son niveau, avec ses propres possibilités… et ses propres convictions ! Je crois sincèrement que tout est lié : le végétalisme, le zéro déchet, le refus de la surconsommation… Tout cela forme un tout. Mais à force de vouloir tout faire et tout combattre, on finit par s’épuiser. Il n’y a pas si longtemps, faire mes courses étaient devenu un vrai cauchemar pour moi. Je restais indécise devant un produit parce qu’il ne répondait pas à l’intégralité de mes critères. J’appelle cela le « syndrome du tofu ». Mais j’ai appris que le mieux est l’ennemi du bien. Et j’ai arrêté de me prendre la tête.

Il faut choisir les combats que l’on mène. Posez-vous la question. Qu’est-ce qui importe vraiment pour vous ? N’ayez pas peur de la réponse et assumez entièrement votre choix ! Est-ce que c’est le nombre d’emballage dans votre poubelle ? L’origine géographique de vos produits ? Ou plutôt la qualité ? En ce qui concerne, le plus important c’est mon bien-être et je fais mes choix en conséquence. Oui j’achète du tofu emballé mais je suis contente car il est bio, produit en France et surtout il est végane. Vous allez me dire, je pourrais me nourrir de céréales, de légumes, de fruits, de légumineuses et d’oléagineux. Je pourrais me nourrir exclusivement de produits en vrac ! Et bien non. Non, parce que j’ai envie d’une tartiflette au tofu fumé, j’ai envie de nuggets de tofu, j’ai envie pâtes carbonara.

 

Soyez fier de vous

C’est vrai, mes déchets ne tiennent pas dans un bocal, loin de là. Et pourtant je suis fière de moi et je suis droite dans mes bottes. Je me bats pour ce qui me tient à coeur sans oublier de prendre le temps de vivre, le temps d’apprécier les choses et de faire un bon repas.

 

Et vous, c’est quoi vos batailles ?

 

15 pensées sur “Ecologie, budget, végétalisme : faut-il vraiment choisir ?

  • 05/04/2017 à 18:17
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    Si déjà chacun réduisait ses déchets au moins autant que toi, avant de chercher à tout faire tenir dans un bocal se serait déjà énorme. Je suis la première à en être TRES loin.

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  • 05/04/2017 à 21:11
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    Je suis végétalienne, je n’achète aucun vêtement contenant des fibres animales (pas éthiques, mais j’en achète peu souvent), je fais des efforts vers le zéro déchet dans ma salle de bain, mais je suis loin d’être zéro déchet pour mes courses! Mais, comme toi, je pense que l’important est de faire des petits efforts par-ci par-là, comme on peut, c’est ce qui compte et c’est toujours mieux que ne rien faire du tout!
    Merci de partager ta démarche et de démontrer cela 🙂

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    • 05/04/2017 à 21:22
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      Bravo pour tes efforts c’est déjà super ! J’ai parfois tendance à trop me comparer aux autres mais je me soigne ^^ Et même si mes efforts sont invisibles, je peux dormir sur mes deux oreilles 🙂

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  • 05/04/2017 à 22:23
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    Je me suis posée les mêmes questions ! Mais je garde à l’esprit mon plaisir ! Je suis végétarienne et j’aime le tofu. Tant pis s’il y a un emballage, il sera incinéré et transformé en énergie. Je pense que le bilan carbone sera moindre qu’une côté de boeuf. Et je ne parle pas de la souffrance animale. J’achète tout ce que je peux en vrac, je mange de saison, bio et le maximum local (des fois aussi j’hésite entre bio et local !). Ma salle de bain est devenu zéro déchet. Je vais recevoir la semaine prochaine mon lombricomposteur. Je n’ai pas de voiture.
    Je pense que j’en fais déjà pas mal, tout comme toi. Mais on n’a pas besoin d’être parfaite ! J’avais écrit un article à ce sujet.

    Continue ainsi !

    Aurélie (latomatesevade.com )

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    • 06/04/2017 à 09:34
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      Merci pour ton commentaire 🙂 je suis contente de voir que je ne suis pas la seule ^^

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  • 05/04/2017 à 23:12
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    Super article, pareil ici même si zéro déchets si j’ai envie de chips, gâteau etc emballés et bien on prend il faut savoir se faire plaisir et assumer, c’est toujours mieux que de ne rien faire 😉

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  • 06/04/2017 à 08:50
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    Tout à fait d’accord sur le fait de se lâcher la grappe 😉 Il ne faut pas quitter une dictature pour rentrer dans une autre… On s’impose déjà tellement de chose au quotidien ! Le tout c’est d’être globalement en phase avec sa philosophie de vie et de ne pas se flageller au moindre écart 😉

    Pour moi, au sujet des emballages, c’est plus facile car nous faisons partie des 3 villes en France qui teste le « tout » recyclage : je jette dons dans ma poubelle jaune tous les emballages « pots de yaourts et emballages de tofu inclus » et ce qui est habituel comme les boites de conserves et papiers/cartons. C’est un vrai confort même si je n’en abuse pas et que le vrac me convient bien 😉

    Vivement que nous puissions bénéficier tous de ce système de recyclage.

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    • 06/04/2017 à 09:32
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      le jour où je pourrai recycler mes emballages de tofu, j’aurai gagner la guerre xD

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  • 06/04/2017 à 10:29
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    Billet très intéressant comme toujours 😉
    Personnellement, je me fixe 2 limites: mon bien-être et mes limitations économiques. On fait du mieux qu’on peut avec les moyens et les possibilités santé qui sont les nôtres.
    Il faut aussi tenir compte des non-sens que ça peut amener d’être trop intransigeant. Par exemple je ne ferai pas 10 km de plus pour aller acheter un produit non-emballé. Ce serait ridicule de polluer avec ma voiture pour éviter d’avoir un film plastique dans ma poubelle. Sans parler du prix de l’essence.
    Comme toi, j’ai eu une période où je me prenais la tête à faire les courses et où je me retrouvais à sans cesse devoir en faire sans pour autant remplir vraiment mes placards ou mon frigo à cause de toutes les limitations que je me fixais.
    Maintenant, je me contente de faire au mieux selon les possibilités qui s’offrent à moi. ça ne m’empêche pas de chercher toujours de nouveaux moyens de faire mieux. Rome ne s’est pas faite en un jour, ce n’est pas en se frustrant ou en se stressant que ça ira plus vite!

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  • 06/04/2017 à 12:20
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    oh la la mais tu as dit et résumé tout ce que je penses! Chacun doit faire sa part, à son échelle, là est l’essentiel. Je veux faire des choses pour réduire mes déchets, mais je sais que je n’arriverai pas à un point extrême, ni le voudrai d’ailleurs. Chacun ses limites! Tu as raison, tout est lié, seulement tous les combats ne peuvent pas être menés en même temps, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières…
    bonne journée!
    flo

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  • 06/04/2017 à 20:34
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    Merci pour ton article. Je me pose aussi souvent ces questions. Je ne suis pas vegan mais flexitarienne avec une consommation très faible de protéines animales. Et ce que je trouve le plus dur c’est l’opposition entre local et bio. A côté de chez moi j’ai beaucoup de mail à combiner les deux. Je ne peux pas m’inscrire dans une Amap car je voyage beaucoup (impossibilité de s’engager sur long terme) et je me retrouve à acheter dans les magasins bio des produits qui ne sont pas locaux. Mais je pense qu’il faut chacun faire son possible et s’adapter à son environnement et aux éléments disponibles. J’ai hésité la semaine dernière devant le tofu à cause de l’emballage!! On m’a parlé d’un lieu à Paris où on peut commander son tofu sans emballage et aller le chercher : Toutofu. Je vais essayer d’aller tester.

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    • 06/04/2017 à 20:51
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      je ne connais pas Toutofu mais je vais me renseigner. Personnellement, je trouve que le choix entre local et bio est un faux débat. J’ai lu plusieurs articles intéressants à ce sujet qui m’ont conforté dans cette idée. Le local a l’avantage de faire travailler les producteurs locaux et de limiter l’impact écologique des transports (et encore, uniquement le transport routier ou aérien). Cependant, les produits bio sont bien meilleurs pour la santé ! Je ne veux pas d’une pomme produite à côté de chez moi mais couverte de pesticide. Je n’ai pas envie de m’empoisonner pour faire plaisir aux producteurs locaux et j’assume totalement. Je ne consomme que des produits bio que j’achète en magasin bio car l’AMAP et la Ruche qui dit oui ne me conviennent pas. J’essaie de privilégier les produits français et comme je mange de saison, c’est assez facile au final. Donc pour moi, c’est bio point barre. Si c’est local, tant mieux c’est bonus 😉

      Voici l’un des articles qui en parle : http://www.sortezdevosconapts.com/2016/04/local-ou-bio-de-l-etranger-et-si-on-tordait-le-cou-a-ce-faux-debat.html

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  • 14/04/2017 à 20:09
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    Wouaou ! J’adore ton article ! on ne peut pas tout faire et oui il faut être fière nous, parce que chaque petit geste compte.

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    • 14/04/2017 à 20:45
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      contente que ça te plaise 🙂 soyons fier-ères de nos petits et grands pas !

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