Faut-il acheter les livres en librairies ou les commander en ligne ?

27/05/2016

Je vous en parlais dans mon article sur Amazon Killer, j’essaie petit à petit de changer mes habitudes en matière d’achat pour réduire mon impact écologique. Ce n’est pas si facile de renoncer à la facilité !

 

Librairie ou magasin en ligne ?

Lectrice assidue, j’achète une cinquantaine de livres par an.  D’où viennent ces livres ? Principalement de la grande distribution et des petites boutiques d’occasion. Je n’ai que très rarement acheté de livres sur Amazon (aka le diable) mais je vais très, très souvent à la FNAC. Est-ce mieux qu’Amazon ? A priori oui puisque je vais en magasin pour acheter mon livre. Je fais vivre le commerce en somme !

Cependant, j’ai récemment lu deux articles (ici et là) qui comparent l’impact environnemental du commerce en ligne versus le commerce en magasin. Et ce n’est pas aussi manichéen qu’on pourrait le croire ! En prenant ma voiture pour aller à la FNAC, je pollue peut-être plus qu’en me faisant livrer à domicile… L’achat en ligne n’est pas donc pas aussi « polluant » que je le pensais mais il faut comparer ce qui est comparable. Entre marcher 500m pour acheter un livre et le commander dans son canap, il est clair que l’une des deux solutions est plus impactante que l’autre (je vous laisse deviner laquelle !).

 

Librairie indépendante ou librairie grande distribution ?

J’ai mené une petite expérience. Je cherchais l’ouvrage « Voir son steak comme un animal mort », de Martin Gibert que je souhaite lire depuis un moment.

Essai 1 : en utilisant le site Place des libraires  je trouve une librairie à 5 mn à pied de mon lieu de travail. Pas de chance, le livre n’est pas en stock, il faut le commander donc attendre une semaine. Et vous le savez je ne suis pas patiente ! Sans compter l’air ahuri de la libraire quand je lui donne le titre… Je décide donc d’aller voir ailleurs.

Essai 2 : j’allume mon GPS et localise une autre librairie un peu plus loin. Hélas, ils n’ont pas le livre non plus… Et je dois en prime affronter le regard réprobateur et les réflexions désagréables de la maitresse des lieux. « Ah non ! On n’a pas de ça ici ! ». Ça fait toujours plaisir…

Essai 3 : Malgré ma réticence je fini donc au rayon librairie de la FNAC Montparnasse, à errer entre les étagères pour trouver mon bouquin. Rien au rayon livres de cuisine ni au rayon sciences humaines et développement personnel. D’après le site internet de la FNAC(je consulte le site de la FNAC dans la FNAC… on nage en plein délire kafkaïen) il serait dans le rayon psycho. Le premier vendeur, aimable comme une porte de prison, m’envoie vers son collègue de l’autre côté du magasin. Le deuxième vendeur me renvoie vers le vendeur numéro 1 avec toutefois un peu plus d’indications sur l’emplacement du livre. Il se trouve donc au rayon philo, à la lettre G. Logique… Le livre sous le bras j’affronte ensuite la longue file d’attente aux caisses.

 

Conclusion

Les librairies indépendantes ont énormément de charme et je suis à 100% pour le maintien des commerces de proximité mais on ne peut pas nier que bien souvent elles n’ont pas toutes les références en stock. Si vous voulez flâner et acheter des livres au coup de cœur, alors n’hésitez pas y entrer. Vous y passerez un bon moment !

En revanche, si vous cherchez un livre en particulier, surtout sur un sujet technique, les choses se corsent. Il vous faudra commander et donc revenir, ou alors aller à la FNAC, le temple du marketing et de la déshumanisation (et de la tentation !).

Alors quelle solution ? D’un point de vue économique, il vaut mieux privilégier les petites librairies (ou mieux, les livres d’occasion). D’un point de vue écologique, l’achat en ligne n’est pas forcément plus mauvais que l’achat en magasin, alors déculpabilisez et cliquez !

 

P.S : je vous invite à lire les commentaires très intéressants sous cet article !

16 Comments

  1. Hélène

    02/10/2016 at 18:39

    En tant que libraire, je dois admettre que je suis un peu agacée par cette « nécessité » de l’immédiateté. Oui, parfois il faut attendre quelques jours pour obtenir un livre qui n’est pas de stock. Mais il faut aussi attendre quelques jours lorsqu’on le commande sur Internet. De plus, il s’agit de LIVRES. Je peux comprendre que parfois on ait besoin d’un ouvrage dans l’urgence (pour ses études, pour son travail, parce qu’on n’a plus rien à lire…), mais dans ce cas il y a souvent d’autres librairies dans la même ville qui peuvent vous le vendre. Dans d’autres cas, quatre jours, c’est vite passé, et en général il n’y a pas mort d’homme. Et nous, on a « Voir son steak comme un animal mort » de stock 😉

    1. Sophie

      03/10/2016 at 09:42

      Merci bcp pour ton commentaire 🙂 C’est bien d’avoir le point de vue d’une libraire ! Dans quel coin êtes-vous ? Je regrette de ne pas avoir de librairie pres de chez moi. Il y a la fnac ou quelques marchands de journaux mais c’est tout. Heureusement il y a une bibliothèque ! Je plaide coupable, je suis souvent très impatiente… Mais au-delà de ça, si je reviens 2 fois dans une librairie en voiture est-ce que je ne « pollue » pas autant, voire plus, que le camion de livraison d’un magasin en ligne ? J’ai le même problème avec d’autres objets. Quand je fais 3, 4 ou 5 magasins pour trouver quelque chose, je dépense beaucoup d’essence. Je ne suis pas sûre qu’il y ait de solution parfaite et idéale. Cela dit je pourrai commander par téléphone… Promis la prochaine fois je fais un effort !

  2. Kim

    19/04/2017 at 17:23

    Certaines librairies indépendantes proposent de passer commande via leur site et on peut aller chercher le livre tant attendu direct en magasin. Pas de déplacement inutile, pas de livraison à domicile (surtout quand on habite tatahouine-les-oies) et on a tout de même soutenu les librairies indépendantes. J’aime bien cette option, le plaisir de déambuler dans une librairie pleine de charme qui sent bon le livre neuf avec livre à la clé. 🙂

    1. Sophie

      19/04/2017 at 17:37

      c’est vraiment la solution idéale 🙂 Malheureusement peu de petites librairies ont un site web mais je me renseignerai la prochaine fois. Si je peux économiser de l’essence, des transports et des emballages je dis banco !

  3. Stéphanie

    08/05/2017 at 14:54

    Avant de penser FNAC, on peut aussi pense Gibert Joseph. Tout simplement parce que Gibert est un réseau de librairies qui proposent énormément de titres en occasion, qu’on trouve en magasin ou qu’on peut commander sur le site. Il existe aussi des réseaux de vente de livres d’occasion comme Recyclivres. Et des librairies spécialisées dans l’occasion, ou qui vendent à la fois du neuf et de l’occasion. Et des braderies dans pas mal d’endroits où on trouve beaucoup de livres d’occasion. Parce qu’acheter d’occasion, c’est aussi un geste écolo.
    Quant aux délais pour obtenir le titre souhaité, je suis exactement de l’avis d’Hélène, la libraire qui s’est exprimé plus haut : quelle est cette habitude qu’ont pris les gens de tout vouloir tout de suite ? Vivre écolo, c’est aussi vivre en sachant prendre son temps, non ? Sans compter que ce n’est pas forcément très long de commander dans une librairie indépendante (et, je confirme, c’est très simple de le faire par téléphone ou par mail, voire via une page Facebook, même quand la librairie n’a pas de site). Récemment, j’ai commandé deux livres à La fleur qui pousse à l’intérieur, petite librairie indépendante de Dijon : le premier est arrivé en 48h, le second en 72h.

    1. Sophie

      08/05/2017 at 16:10

      Rassurez-vous, depuis la rédaction de cet article qui date de 2016, j’ai appris à contrôler mes ardeurs dépensières !
      Aujourd’hui je prends le temps d’aller voir à la bibliothèque ou de commander un ouvrage au lieu faire un caprice dans le magasin parce qu’il n’est pas en stock 😉
      Je connais bien les magasins Gibert Joseph, il y en a un dans la ville de mes parents. Malheureusement, il n’y pas d’enseigne près de chez moi. Et la Fnac est en effet la librairie la plus proche en ce qui me concerne, à moins de faire livrer. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le vivre écolo, mais il faut aussi composer avec les difficultés du quotidien 🙂

  4. Stéphanie

    08/05/2017 at 16:57

    C’est bien parce qu’il n’y pas des masses de librairies Gibert Joseph en France que je parle du site, qui livre à domicile et propose beaucoup de choix en occasion.
    Je suis bien d’accord que nous sommes toujours dans le compromis et que nous essayons de faire au mieux. Le fait est que nous manquons cruellement de librairies de nos jours ! 🙁

    1. Sophie

      08/05/2017 at 17:21

      Mais qui dit livraison, dit transport… est-ce mieux ou pire que d’aller en voiture à la fnac ? C’est un vrai casse-tête !

  5. Annie U

    20/06/2017 at 23:19

    Vous avez raison, mais ces problèmes peuvent être contournés par des libraires organisés. Je prends l’exemple du site « leslibraires.ca » qui est la propriété de la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Le site permet d’acheter en ligne mais également de vérifier la disponibilité parmi les 100 librairies membres de la coopérative. Une manière intelligente de mettre en valeur les librairies locales en continuant de satisfaire les besoins de chacun. Tout est question d’organisation!

    Un exemple :
    https://www.leslibraires.ca/livres/sarah-zweig-d-amour-et-de-jacques-allard-9782897239473.html

    1. Sophie

      22/06/2017 at 19:15

      C’est une chouette initiative ! Je ne sais pas si on a quelque chose d’équivalent en France. Je crois que Place des libraires a le même fonctionnement.

  6. Stéphanie

    10/07/2017 at 13:44

    Je me rends compte que je n’avais pas répondu sur la question « livraison ou en voiture à la FNAC ? » (qui demandait réflexion, cela dit ^^).
    Je n’ai pas étudié scientifiquement la question, mais de toute façon, prendre sa voiture pour aller acheter un ou deux bouquins, ça me paraît carrément LA mauvaise solution. Dans le cadre d’une livraison, il faut bien avoir en tête que le livreur ou la livreuse va de toute façon effectuer un parcours pendant lequel il ou elle se rendra chez pas mal de personnes dans la même zone géographique. Si toutes ces personnes prennent en revanche leur voiture pour aller acheter peu de livres chacune (ou n’importe quel produit), elles vont beaucoup plus polluer.
    Après, on est pas tous obligés d’aller à la FNAC (ou dans une vraie librairie) en voiture non plus ; tout dépend de la distance, de l’offre de transports en commun, etc.

    1. Sophie

      10/07/2017 at 14:35

      merci beaucoup Stéphanie pour ces précisions, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle ! Actuellement, je dois prendre la voiture pour aller en librairie ou alors le bus (mais temps deux fois plus long) heureusement j’ai une bibliothèque juste à côté de chez moi 🙂 Notre gros problème c’est qu’on va parfois à la FNAC pour flaner, sans savoir si on va acheter ou pas… Ce qui est encore pire 🙁

      1. Stéphanie

        10/07/2017 at 14:57

        Mais flâner, ça fait partie du plaisir, c’est comme ça qu’on découvre des livres ! Il faut juste regrouper la flânerie autour des bouquins avec d’autres activités, pour ne pas prendre la voiture inutilement.
        Je me rends compte que c’est difficile de comparer les pratiques, vu qu’on vit tous dans des conditions différentes. Pour ma part, j’habite dans une ville de 150 000 habitants, une petite librairie indé très intéressante s’est ouverte dans mon quartier il y a environ un an, il y en a une grande (même taille que notre FNAC) également indépendante, on a quelques toutes petites librairies spécialisées dans l’occasion, et Gibert, où trouve plein d’occasions (j’achète essentiellement d’occasion). Sans parler du réseau de bibliothèques, où j’emprunte énormément ; je leur soumets d’ailleurs régulièrement des propositions d’achats, il y a un service dédié à ça. Tout ça dans un centre-ville médiéval tout petit, que je parcours donc à pied (et je marche facilement sur 4-5 kms de toute façon). Du coup, je ne vais même pas à la FNAC, et surtout pas à Cultura. Je fais aussi les foires aux livres annuelles et la braderie de la bibliothèque. Et puis le site de Gibert, comme je le disais plus haut, est pratique parce que je peux acheter des livres d’occasion qui ne sont pas dispos sur place mais sont livrés en magasin – et j’imagine que les envois du site en magasin sont groupés, bien que n’en étant pas tout à fait certaine… Mais j’ai bien conscience que tout le monde n’a pas droit à ce type de configuration !

        1. Sophie

          10/07/2017 at 15:10

          euh… je peux venir habiter chez toi ? 😀 il faut trouver un équilibre entre considérations écologiques et contraintes logistiques, ce n’est pas toujours évident mais l’essentiel c’est de faire du mieux possible.

          1. Stéphanie

            10/07/2017 at 15:16

            Ah ah !
            Après, chacun ses problèmes : je galère de mon côté pour trouver du véritable savon de Marseille…

  7. E

    24/08/2017 at 22:08

    Tu peux aussi commander ton livre en librairie indépendante et attendre quelque jours pour pouvoir le lire ….

Leave a Reply

35 Partages
Partagez
Enregistrer
Tweetez
+1