Comment je suis passée de l’engagement individuel à la lutte collective

A l’origine, cette article s’intitulait “quels sont les moyens de lutte ?”. J’avais en tête d’énumérer les différents moyens de lutte possibles. Dans le cadre d’un engagement politique, j’entends. Aucun rapport avec le sport. Mais en commençant mes recherches, je n’ai pas trouvé grand chose à part un article sur les luttes syndicales où j’ai appris qu’il y a 8 sortes de grèves différentes. Comme quoi, on en apprend tous les jours ! Bref, j’ai décidé de renommer mon article et de plutôt vous parler de mon propre cheminement, parce que j’aime bien raconter ma vie.

Pourquoi j’ai abandonné la politique des petits pas

Je me suis longtemps enfermée dans une idéologie de l’engagement individuel. Je pratiquais ce que l’on appelle “la politique des petits pas”, ou encore “la méthode du colibri”. En résumé, un amoncellement de petits gestes qui sont à la portée de chacun·e. Comme beaucoup d’entre vous, peut-être, ma conscience politique s’est brutalement réveillée pendant le 1er confinement, et en particulier suite au mouvement Black Lives Matter. A partir de là, j’ai tiré le fil de ma pelote de laine et je suis allée de découverte en découverte.

Aujourd’hui, mon regard sur la société a radicalement changé. J’en suis maintenant intimement persuadée : les actions individuelles ne sont pas suffisantes, seule la lutte collective pourra changer les choses. Que l’on se comprenne bien : les actions individuelles, tous ces petits “éco-gestes” dont je parle depuis 5 ans sur le blog, ne sont pas inutiles. Cependant, ils ne sont pas suffisants devant l’ampleur de la tâche à accomplir et des changements à opérer d’urgence.

J’ai pris conscience que le zéro déchet du quotidien, bien que louable, ne résolvait aucun problème. Le fond du problème c’est le capitalisme, la société de consommation, le consumérisme, la quête perpétuelle de profits au détriment des humains et de la Nature. Arrêter d’acheter des pailles en plastique ne résoudra pas le problème. Pourquoi ? Parce que ce type de raisonnement fait porter la responsabilité totale sur les consommateurs et dédouane à la fois les entreprises responsables et les gouvernements complices. Oui, nous avons un pouvoir avec notre porte-monnaie mais il est finalement assez minime (surtout quand on sait que ces fameuses pailles représentent moins de 1% des déchets plastiques dans les océans).

C’est partant de ce constat, que j’ai décidé d’aller plus loin et de me politiser d’avantage. Autrement dit, de combiner actions individuelles et collectives. Je n’ai pas abandonné mes habitudes écolo mais non seulement j’ai revu mes priorités, mais j’ai aussi pris mon courage à deux mains et je me suis investie dans la lutte collective au sein d’une association.

5 actions qui m’ont permis de m’engager davantage

J’en arrive donc à mon idée de lister les différents moyens de lutter contre tout ce qui me donne envie de me mettre en PLS sous ma couette : l’oppression, la discrimination, la destruction de notre environnement et l’injustice sous toute ses formes. Si vous aussi, vous avez envie de vous engager, que pouvez-vous faire ? Quels sont les leviers à votre disposition pour faire entendre votre voix et faire bouger les choses ? Voici quelques pistes mais il en existe surement d’autres ! Ce sont celles que j’ai moi-même explorer au cours des derniers mois.

1. S’informer

Quand je dis s’informer, je ne parle pas de regarder CNews ou BFM. Je vous parle de vraies informations indépendantes. Pour cela, une seule solution : éteignez votre télévision. Pour s’informer, la meilleure chose à faire c’est de lire la presse indépendante en ligne ou papier (oui, il faudra peut-être payer pour y avoir accès), regarder des vidéos de personnes engagées, suivre des comptes militants sur des réseaux sociaux, lire des livres, etc. S’informer cela veut aussi dire donner quelques minutes de son temps aux personnes qui distribuent des tracts dans la rue ou qui tiennent un stand. Ils ont des choses à dire, écoutons les !

Multipliez les sources d’informations, vérifiez et croisez les sources, gardez votre esprit ouvert et n’hésitez pas à voir aussi ce qui se dit chez celleux qui ne pensent pas comme vous. Sur la recherche d’informations et l’esprit critique, je vous recommande notamment les chaines youtube de Hygiène Mentale, La tronche en biais et Mr Sam, ainsi que la vidéo “S’informer mieux que 99% des gens” de Pierre Chevelle.

2. Participer aux campagnes ou pétitions en ligne

Je n’ai pas encore pris le temps de faire des recherches sur l’utilité des pétitions. Tout comme le boycott, je me demande parfois si c’est vraiment utile. Cela a-t-il vraiment un impact sur les décideurs ? Dans tous les cas, ça ne coute rien et j’ai l’impression (ou l’illusion) de faire quelque chose d’utile. Il y a de nombreuses pétitions qui circulent sur Change.org et sur Greenvoice, la plateforme mise en place par Greenpeace.

Lire aussi : le boycott est-il efficace ?

A côté des pétitions, on peut aussi participer à des campagnes en ligne pour dénoncer les agissements d’une entreprise ou d’une personnalité politique. Cela consiste généralement à interpeler la personne ou l’entreprise sur les réseaux sociaux, par mail et/ou par courrier pour lui demander de se justifier ou d’expliquer sa position sur tel ou tel sujet. Je suis abonné à plusieurs newsletter qui proposent régulièrement ce type d’actions.

3. S’engager dans une association (ou la soutenir financièrement)

Depuis environ 6 mois, nous sommes membres d’un groupe local Greenpeace. Je ne vais vous conseiller celle-ci plutôt qu’une autre, le choix d’une association est assez personnel. Personnellement, je l’ai choisie parce que je connaissais déjà l’ONG de renom, qu’il y avait un groupe local pas loin de chez moi et que les membres étaient sympas.

L’avantage d’être dans une association, c’est que l’on se retrouve avec des gens qui partagent nos idées et nos convictions (même si y a des cons partout hein). Il y a une sorte d’émulation, surtout au début, qui donne envie de faire plein de choses, de s’investir, d’aller sur le terrain. C’est rassurant de savoir entouré·e et ultra motivant. J’attends encore un peu mais vous ferai prochainement un premier bilan de mon expérience au sein de Greenpeace.

Vous pouvez aussi soutenir une association même si vous ne militez pas au sein d’un groupe. Je soutiens plusieurs associations mais je ne vais pas à leurs actions. Même quelques euros par mois peuvent faire la différence. Si vous en avez les moyens, n’hésitez pas 😉

Lire aussi : Où j’en suis dans mon engagement écologique ?

4. Participer à une manifestation ou des actions

La manif’ c’est l’action la plus collective qui soit et elle ne nécessite pas de faire partie d’une association. Nous avons fait nos premières manifestations avant d’intégrer Greenpeace. En ce moment, entre la crise sanitaire et le climat répressif, aller en manifestation peut faire peur. Il m’est arrivé de pas aller à une manif par peur des violences policières (bien plus que du Covid)… A chacun·e d’évaluer le risque qu’il·elle souhaite prendre. Une marche pour le climat par exemple, c’est plutôt safe 😉

5. Partager les informations

S’informer c’est bien, partager les informations c’est mieux 😉 Que ce soit sur les réseaux sociaux ou avec ses proches, je trouve important d’échanger et discuter, de partager des opinions et des points de vue… Quand cela est possible évidemment. Ne perdez pas votre énergie à débattre avec une personne qui ne sera jamais d’accord avec vous. En revanche, avec quelqu’un qui est ouvert et prêt·e à discuter, n’hésitez pas à engager le dialogue !

Attention cependant à ne pas tomber dans l’excès inverse, en voulant tout partager, tout commenter en permanence… Vous allez vous épuiser et ce sera contre productif. Je me suis moi-même beaucoup mis la pression pendant plusieurs mois sur Instagram pour relayer systématiquement tous les annonces et mauvaises nouvelles qui tombaient jour après jour… Ce n’est clairement pas la chose à faire.

Et maintenant ?

Évidemment, notre engagement collectif n’a pas remplacé nos actions individuelles. En revanche, nous avons revu nos priorités : aujourd’hui, cela nous semble plus important de réduire notre consommation de produits animaux et notre utilisation de la voiture que d’éviter un emballage non recyclable. Et surtout on a arrêté de se culpabiliser pour ça ! Prendre conscience de l’impact réel d’une action aide grandement à relativiser…

Et vous, avez-vous sauté le pas vers l’engagement collectif et/ou politique ?

2 réflexions sur « Comment je suis passée de l’engagement individuel à la lutte collective »

  1. Super article, c’est chouette de voir comment tu as évolué ! Je suis tout à fait d’accord avec toi sur l’importance de bien voir que ce n’est pas aux individus d’être culpabilisés dans leurs choix alors que que c’est le système lui-même qui est problématique.

    Dans les sources d’information indépendantes, j’aime bien le site de L’Ardeur (et leurs conférences gesticulées sur Youtube) et le Canard réfractaire, et en papier les journaux La Décroissance, Fakir et Le Monde diplomatique :).

    Mais c’est clair que je suis pas très active en ce qui concerne les manifs et autres…

  2. Merci pour ces sources ! Je connaissais le Canard réfractaire et le Monde diplo (on est abonné) mais pas les autres ^^

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